Dafne, moderne Faithfull parmi les ombres de sa chambre

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Premier album de chansons originales en anglais de la chanteuse-compositrice de Bergame, digne héritier de Marianne Faithfull et Patti Smith les plus crépusculaires.

 

Un disque italien dont on doit être fiers.

 

 

 Je n’achète plus des revues musicales il y a beaucoup de temps, donc je pourrais ne pas être à jour : je ne sais pas si dans les espaces de l'avis de disques il ya encore des « réserves indiennes » avec des titres comme « Made in Italy », ou similaire, visant à réserver un espace aux albums des artistes italiens, sinon toujours des enfants d'un dieu moindre, comparés avec les « grandes choses » à l'étranger .

 

 J’avoue que, pendant les années, j’ai été moi aussi une victime excellente de cette xénophilie, mais maintenant je me demande « pourquoi ? ». Les articles que nous avons publié récemment sur des artistes indie italiens témoignent qu’ils ne sont pas moins originaux de ceux qui proviennent de terres étrangères et lointaines, capitales de l'Empire du Son.

 

 Prenez « The Rest of Me » de Dafne, voix héritière de Patti Smith et PJ Harvey les plus crépusculaires : après l'avoir écoutée dans son premier album « Some Tales » - qui contient une étonnante collection d'interprétations acoustiques des chansons de Tom Waits, Nick Cave, Brian Eno, Eddie Vedder, David Bowie, Lou Reed, Cousteau, Muse et bien d'autres – l’ex avocat mélancolique de Bergame a absolument rejoint une grande étape, en devenant également l'autrice de toutes les chansons.

 

D’accord, les divinités tutélaires ci-dessus définissent très bien le "jardin parfumé" du son de Dafne, mais pour faire face à des références si excellentes il faut avoir de la classe et sa classe - comme on dit – n’est pas de l'eau. Donc nous osons une provocation: avez -vous écouté  le dernier album de Marianne Faithfull, Give My Love To London ? C’est un album très agréable et tout à fait à la hauteur de "Sa Majesté satanique», bien sûr.  Néanmoins, pour le réaliser, non seulement l’ex Madame Jagger, 68 ans, a pu rassembler autour d’elle-même  des auteurs comme Nick Cave lui même, Leonard Cohen, Roger Waters, Steve Earle et un talent "de filleule" maintenant incontestable qui s’appelle Anna Calvi; mais aussi elle a appelé des musiciens  comme Adrian Utley (Portishead), Rob Ellis (PJ Harvey), Warren Ellis et Jim Sclavunos (Bad Seeds), Ed Harcourt et Anna Calvi elle-même ; enfin, deux  « gourou » du son comme Brian Eno et Flood.

 Ce n’est pas pour enlever quoi que ce soit à la charmante Marianne, dont moi-même je suis un fan il y a longtemps, mais avec des chevaliers à sa table, comment pourrait–on sortir un mauvais disque?!

 

 Dafne, au contraire, elle a fait toute seul, soutenue uniquement par les moins renommés  Paolo Filippi (guitares et dobro), Paolo Legramandi (basse), Diego Zanoli (accordéon), Sergio Pescara (batterie), Antonio Leofreddi (viole), Cisco Portone (percussions), Yuri Goloubev et Massimo Moriconi (contrebasse); musiciens qui ont des cultures musicales très différents allant de la musique pop, au rock et folk, en passant pour le jazz et la musique classique.

Ce group bien nourri de musiciens entourent le piano, le Guitalele (ukulélé à 6 cordes ) et les percussions joués  par le chanteuse et ils s’unissent à ses atmosphères brumeuses comme un vrai groupe de Tom Waits à l’époque de Rain Dogs.

 

  C’est pourquoi, même sans étoiles renommées,  recroquevillé dans sa chambre (de laquelle nous imaginons provenir la tapisserie qui est le contexte de la brochure avec ses textes mélancoliques ) et serrée à sa poupée (« Me and my doll » ), Dafne ne nous laisse manquer de rien, en évoquant l'élite des héroïnes de l'obscurité mentionnées ci -dessus: Patti, Marianne, une Polly acoustique, un peu de Tori Amos (le piano de « Hanging ») et peut-être un peu de Anna Calvi (moins crié).

Mais ne vous laissez  pas duper  par toutes ces comparaisons, qui représentent la bouée de sauvetage du critique: celui de Dafne est un talent authentique et personnelle .

 

 Un disque italien dont on peut être fiers ; on doit espérer  qu’elle pourra trouver le chemin vers une reconnaissance méritée hors des frontières nationales -  et Dafne a le droit de s’attendre à cela - , pas seulement parce qu'elle écrit et chante en anglais ou grâce aux nobles  références.

 

 

Posthuman.it _ April 2015

Mario Gazzola

 

ITALIANS  DO IT BETTER?

di Andrea Trevaini

 

DAFNE - SOME TALES / RNC MUSIC-SELF

 

Facile de se tomber amoureux d’un disque comme celui-ci. Dèjà la couverture, des tons vaguement oniriques, intrigue; ensuite, après avoir donné un coup d’oeil au song list, on reste impressioné par le courage de cette fille; il est vrai, ce sont tous cover, mais quel frisson en lisant la liste. L’èclairage vient, cepandant, lorsque l’on ècoute Dafne, avec sa voix legère, mais, au même temps, sobre, ou enroué quand il sert, pas sensuelle, mais chaude ou algide, selon ce qu’elle chante. Bonne, la fille: se confronter avec Brian Eno, David Bowie, Lou Reed, Tom Waits, Nick Cave, Eddie Vedder, Thom Yorke, Robert Johnson, ce n’est pas de tous! Eh bien, Dafne sort de cette comparaison à la tête haute, grâce à sa classe, mais aussi grâce à une production soignée (Paolo Filippi) et de musiciens aptes à la valoriser.

 

 

(Buscadero, Novembre 2012

 

DAFNE “Some Tales”

 

PLAY MUSIC – octobre/novembre 2012 -

de Marco Grompi

 

Produite par le guitariste Paolo Filippi, l'artiste de Bergame débuts avec une récolte intrigante de cover d’auteur. Affronté avec du pathos interprétatif, le répertoire propose des réléctures de Venus in Furs des Velvet Underground et Karma Police des Radiohead et déshabille bourgeons du songbook le moins fréquenté de David Bowie (Slow Burn), Tom Waits (Dead and Lovely), Brian Eno (By this river), Echo and the Bunnyman et Robert Johnson. Surprénants les saveurs mittleeuropéennes de Uno (Muse) ou naturellement jazzy de la sombre Spell de Nick Cave, enrichie par le piano de Francesco Chebat et le sax de Tino Tracanna. Dafne montre qualités expressives remarquables pour la mésure avec laquelle elle sait doser une voix avec des ambratures très interessantes (particulièrement réussies Your Day Will Come des Cousteau et Society de Eddie Vedder, avec les percussions de Israel Varela). Dans cette perspective, il est de plus en plus la curiosité de l'écouter à nouveau aux prises avec du matériel original, peut-être même d'autographes. Debut de talent

copywrite by Dafne Franzoni 2015